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IL EST PRESIDENT

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Qui l'eût cru?

Il y a quelques siècles, lorsqu’un noir montait sur un podium, c’était pour être vendu aux enchères comme esclave.

Dans la nuit d’hier, Barack Obama a foulé le grand podium dressé par le parti démocrate au Grant Parc de Chicago pour être accueilli et acclamé comme 44e président des USA!

500.000 Américains, toutes races et origines confondues ont vu l’homme qu’ils ont porté à bout de bras dans la course à la présidence des USA se faire transformer par l’histoire, de candidat en PRESIDENT!

Jamais un président n’a été aussi adulé dans l’histoire de l’humanité!

Nous sommes témoins d’un événement historique que la mémoire humaine ne peut pas retenir et que le langage humain ne peut décrire adéquatement!

Un noir vient d'être porté à la tête des États-unis d’Amérique avec plus du double des voix recueillis par son adversaire! A 8h ce matin, le score officiel était de 349 grands électeurs et (plus de 52% du vote général) pour Obama contre 160 grands électeurs (près de 48 % du vote général) pour McCain: un véritable 'landslide'!

McCain a encaissé sa défaite avec fairplay, dans la sérénité, et avec humilité, même si on voit sa poche droite retournée pendre sur sa hanche chaque fois qu'il lève le bras pour saluer ses partisans!

Une des tensions de ma formation et de ma carrière en études Africaines et Américaines, en Post-colonial studies et en changement de systèmes politiques vient de se résoudre: voir un noir diriger les États-unis d’Amérique, un opprimé ou ‘second class citizen’ accéder à de hautes fonctions d’État sans craindre d’être discriminé à cause de ses différences! Tension entretenue par l’absurdité du racisme. Qui peut retenir ses larmes aujourd’hui qui a véritablement connu ou vécu une telle tension?

Il faut voir Oprah Whimphrey et Jesse Jackson secoués d’émotions, à la veillée électorale tenue par les démocrates au Grant Parc de Chicago, les yeux rouges d’insomnie et larmoyants, visiblement encore figés dans les quatre derniers siècles de l’histoire des noirs aux États-unis, comme s'ils rêvaient les yeux ouverts, à l’annonce de la victoire de leur candidat et semblable Barack Obama. Il faut entendre René Angelil, le mari de Céline Dion, apprécier Obama; il faut entendre le discours de défaite de l’adversaire malheureux d’Obama, John McCain, confirmant sa propre défaite et consacrant la légalité du nouveau président élu; John McCain a ouvertement réprouvé une tentative de ses partisans déçus de huer ou d'abuser verbalement d'Obama, quand au début de son allocution, il a prononcé le nom d'Obama. Il faut voir Spike Lee et les grandes personnalités noires exprimer leurs émotions larmes aux yeux, pour comprendre qu’ils reviennent de loin, que nous revenons de très loin. La  boucle du développement du noir, la chaîne et l’héritage du American Dream des noirs qui a commencé avec le premier esclave noir introduit en Amérique, vient de se boucler avec un maillon en or.  Du moins, les pages actuelles de cette histoire s’écrivent en lettres d’or.

L’OBAMANIA s’est tellement répandue qu’une observatrice au Québec a dit ''Obama serait un très bon président. Mais si, pour une raisons quelconque, les Américains ne veulent pas de lui, nous (au Québec) le prendrions volontiers.' '

Aujourd’hui, on peut dire sans rien craindre que Barack Obama est l’homme politique le plus influent et le plus populaire de notre époque.

Avec l’élection de Barack Obama, nous assistons à une véritable Saga Africa en politique mondiale ouverte par Nelson Mandela au début des années 1990, juste après sa sortie de prison.

Retenons aussi un phénomène culturel singulier, qui a contribué largement par voie du cinéma hollywoodien et du multi media, à inculquer à l’opinion américaine et à l’opinion internationale la possibilité qu’un noir gouverne les États-unis: le ou  les films dans lesquels des noirs ont joué le rôle de président des États-unis ou de personnalités nationales de haut rang; rôles dont l’un des meilleurs interprètes reste Morgan Freeman. Hier pourtant, l’apparition de Morgan Freeman dans le rôle d’un président noir paraissait comme un acte de dépit, la manifestation d’un refoulement collectif des noirs, un modèle sans véritable contenu; mais aujourd’hui, c’est un modèle extrêmement viable et enviable.

Dans son livre The Clansman: An Historical Romance of the Ku Klux Klan (1905)1 qui raconte la naissance du Ku Klux Klan au lendemain de la guerre de sécession comme un acte de vengeance des esclavagistes sudistes déchus sur les noirs à cause des appuis qu’ils ont apportés aux nordistes—roman qui sera traduit en un film du genre minstrel par D.W Griffith en 1915 avec le titre THE BIRTH OF A NATION (La naissance d’une nation) et dans lequel les rôles des noirs sont joués par des blancs qui se peignent en noir—l’auteur Thomas Dixon  (1864-1946) a réussi à mettre d’accord (du moins dans sa fiction) les deux plus grands ennemis de la guerre de sécession telle que racontée dans son roman (à savoir, l'Abraham Lincoln fictif, alors abolitionniste et président de la fédération naissante des États-unis, et Phil Stoneman, président de la chambre des représentants, sudiste pro-esclavage ou du moins pas favorable à l’abolition de l’esclavage:

"The Negro has cost us $5,000,000,000, the desolation of ten great states, and rivers of blood. We can well afford a few million dollars more to effect a permanent settlement of the issue. This is the only policy on which Seward and I have differed—"

  I have urged the colonisation of the negroes, and I shall continue until it is accomplished. My emancipation proclamation was linked with this plan. Thousands of them have lived in the North for a hundred years, yet not one is the pastor of a white church, a judge, a governor, a mayor, or a college president. There is no room for two distinct races of white men in America , much less for two distinct races of whites and blacks. We can have no inferior servile class, peon or peasant. We must assimilate or expel. The American is a citizen king or nothing. I can conceive of no greater calamity than the assimilation of the Negro into our social and political life as our equal. A mulatto citizenship would be too dear a price to pay even for emancipation. " (chap, IV, p.46)

(''Le noir nous a coûté 5 milliards de $, la destruction de 10 États et des rivières de sang...

 

J’ai encouragé la colonisation des noirs...parce que des milliers d’entre eux ont vécu dans le nord pendant cent ans sans qu'aucun  d’eux ne soit passé pasteur d’une église de blancs, juge,  gouverneur, maire ou recteur d’université.

 

Il n’y a pas de place pour deux races distinctes de blancs sur le sol américain, moins encore pour deux races distinctes de blancs et de noirs. Nous ne pouvons avoir une classe inférieure...’ L’Américain’ doit être un citoyen royal ou rien. Je ne puis m’imaginer une plus grande calamité que l’assimilation du Noir dans notre vie sociale et politique en tant que notre égal. Même une citoyenneté métissée serait un prix trop lourd pour nous à payer ne serait-ce que pour l’émancipation. ''

"I believe that there is a physical difference between the white and black races which will forever forbid their living together on terms of political and social equality. If such be attempted, one must go to the wall."(p.45)

''Je crois qu’il y a une différence physique entre la race blanche et la race noire qui va toujours les empêcher de vivre ensemble et être considérés comme égales socialement et politiquement. '' )

Pour régler le problème racial, social et économique que constituaient alors les noirs, les deux leaders politiques devaient trouver un terrain d’entente: l’affranchissement des noirs priverait les États esclavagistes de près de 95% de leur revenus, et créerait des dépenses énormes en frais d’intégration de ces noirs dans la société américaine.

Au lendemain de l’abolition de l’esclavage, comme pour exécuter cette conviction commune, ultime consensus entre les frères ennemis de l’Amérique blanche, des projets de retour des ex-esclaves vers l’Afrique seront entrepris sans succès, dont l'un des plus importants fut mené par l’intellectuel polyvalent Martin Delany avec son ‘Africa Niger Valley Expedition’ en 1885.

 Le New Negro Movement dont découlera le Harlem Renaissance des années 1920 émergea au plus fort de la politique ségrégationniste pour redonner l’espoir d’un avenir paisible et respectable aux noirs sur le sol américain, mais sera anéanti par la crise économique de 1929 et par son propre manque de mordant et de vision politique que la présence et toute l'influence du Back to Africa Movement de Marcus Garvey n’étaient pas assez fortes pour combler.

Les efforts de libération des noirs américains, repris dans les années 1950 par le Civil Right Movement seront menés et poursuivis par martin Luther King et Malcolm X, qui ont nourri l’espoir du peuple noir dans leurs discours historiques—‘Message to the Grassroots’ par Malcolm X 10 novembre 1963 à Detroit, et ‘I Have a Dream’ par Martin Luther King le 28 août 1963.

Dans son discours, Martin Luther King a caressé le rêve d’une Amérique Unie ou il n’y aura aucune place pour la division.

Le rêve de Martin Luther King se réalise! Barack Obama, un noir Américain de père Kenyan et de mère américaine, vient d’être élu 44e président des États-unis d’Amérique. Conformément à l’histoire socio politique mondiale des 500 dernières années de notre ère, qui aurait cru qu’un noir venu d’Afrique dirigerait le pays le plus puissant au monde?

L’élection de Barack Obama fait renaître l’espoir en Amérique et  témoigne de la miséricorde de Dieu envers les couches opprimées et laissées pour compte de cette puissance mondiale dont l’économie est fondée sur le travail des esclaves d’Afrique et des populations autochtones amérindiennes qui ont connu plus de quatre siècles de misère et de mépris aux mains du pouvoir suprématiste blanc.

Comme l’a si bien dit le roi David dans le Psaume 103 :6,

‘’L’Éternel fait justice,

   Il fait droit à tous les opprimés.’’

Si Jesse Jackson et Oprah Whimphrey ont versé des larmes, c’est d’étonnement, de soulagement, et aussi pour encore une fois questionner le poids et la misère des plus de 400 ans de l’histoire et de la présence des Africains sur le continent américain. Comme fit le poète vedette du Harlem Renaissance, Countee Cullen, avant eux, dans son poème ‘Yet Do I Marvel’ ‘’Pourquoi Dieu m’a créé noir, mais m’a donné des talents (que les blancs ne reconnaissent pas)?’, Oprah et Jesse se demandent au plus profond d’eux-mêmes, ‘’Si cela est ou était possible, pourquoi seulement après tout ce temps et toute cette souffrance? Pourquoi Martin Luther King a du mourir pour en avoir caressé le rêve?’’

Le chemin de l’ascension d’Obama est long, très long, mais les éléments décisifs immédiats de son élection sont : son ouverture d’esprit, son franc parler, son intelligence naturelle et politique, son savoir faire, son humanité, le chaos organisé par les républicains au  sommet de l’État depuis quelques années, la détermination du peuple américain a changer de cap, la lucidité dans son choix de leader pour ce changement, la mobilisation du parti démocrate, le soutien planétaire a sa candidature. ..mais par-dessus tout cela, LA MAIN DE DIEU qui a disposé les choses telles qu’elles sont aujourd’hui.

Obama moissonne aujourd’hui le fruit de plus de 400 ans de résistance africaine à l’esclavage et des efforts inlassables d’intégration dans la société américaine.

Aux peuples opprimés du monde, aux peuples Africains et au peuple Togolais qui vivent encore sous l’oppression la plus ignoble, l’espoir est permis.

Si un noir a pu être élu président des États-unis d’Amérique, notre cher Togo aussi se libèrera.

''Psaume 123 :

2 Voici, comme les yeux des serviteurs sont fixés sur la main de leurs maîtres,

Et les yeux de la servante sur la main de sa maîtresse,

Ainsi nos yeux se tournent vers Éternel, notre Dieu,

Jusqu'à ce qu’il ait pitié de nous.

3 Aie pitié de nous, Éternel, aie pitié de nous!

Car nous sommes assez rassasiés de mépris;

4 Notre âme est assez rassasiée

Des moqueries des orgueilleux, du mépris des hautains.''

Les menaces contre la personne d'Obama et le nouveau pouvoir démocrate qu'il incarne ne manquent pas. Prions pour lui, afin qu'il puisse mener à bien son programme au bénéfice de l'humanité.

D'autres menaces à la carrière d'Obama se trouvent dans le 2e chapitre du livre de DANIEL (dans la Bible). Tout dépendra des ses orientations futures. Les graves événements que la Bible prédit doivent se réaliser, mais nul n'est obligé d'être celui ou celle par qui ces choses arriveraient!

Veillons donc pour ne pas oublier ce qui est predit sur l'epoque dans laquelle nous vivons.

CAR

Le ciel et la terre passent, mais la parole de Dieu ne passera pas...