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Google lance un projet d'accès internet bon marché en Afrique

Par Kate Holton et Niclas Mika

PARIS/LONDRES (Reuters) - Le moteur de recherche sur internet Google, la première banque européenne HSBC et le câblo-opérateur Liberty Global se sont associés dans un projet destiné à fournir un accès internet haut débit à faible coût à trois milliards de personnes vivant en Afrique et dans d'autres pays émergents.

Le projet, baptisé O3b Networks, vise la connexion à internet des "autres trois milliards de personnes" (other 3B), d'où son nom. Il représente un investissement de 750 millions de dollars, selon le Financial Times.

Le consortium a passé commande pour 16 satellites de télécommunication en orbite basse auprès de Thales Alenia Space, le numéro un européen du secteur.

Le contrat comprend aussi une option sur plusieurs satellites supplémentaires, avec une livraison et une mise en service des satellites prévues pour la fin 2010.

O3b prévoit de couvrir l'Asie, l'Afrique, l'Amérique latine et le Moyen-Orient, en offrant une connexion aux performances comparables à celles de la fibre optique.

"L'accès à l'infrastructure internet est encore très limité dans les marchés émergents", déclare le fondateur et président de O3b Networks, Greg Wyler, dans un communiqué émis à Londres.

"C'est seulement lorsque les marchés émergents auront un accès abordable et généralisé au reste du monde que nous assisterons à l'apparition de contenus créés localement, de système d'éducation par internet, de télémédecine et d'autres projets porteurs de croissance économique et de développement social (...)".

"LE FOSSÉ NUMÉRIQUE"

Le nouveau système devrait permettre de réduire le coût de la bande passante pour les opérateurs télécoms et les fournisseurs d'accès internet, ce qui se traduirait par des appels et des services en haut débit meilleur marché, indique le consortium dans un communiqué.

Le système s'interconnectera aux réseaux terrestres, aux réseaux mobiles de troisième génération, ainsi qu'aux points d'accès sans fil Wimax.

Le ministre sud-africain des Finances, Trevor Manuel, a accueilli chaleureusement le projet au cours d'une conférence de presse en Allemagne organisée par les Nations Unies sur les objectifs du Millénaire.

"Le fossé numérique est une réalité et tout ce que nous pouvons faire pour le combler doit être encouragé", a-t-il dit, ajoutant que l'information, c'est le pouvoir, un soutien à la démocratie et une aide à la décision.

Selon Greg Wyler, les satellites en orbite basse fonctionnent mieux pour l'accès internet, avec un temps de latence réduit, comparés aux satellites utilisés pour la télévision.

Le consortium, qui a pour l'instant levé 65 millions de dollars, estime que le projet devrait coûter 650 millions de dollars d'ici à son lancement, fin 2010.

Dans certaines parties du monde, le service devra faire face à la concurrence des câbles en fibre optique en cours de construction. Une dizaine de ces câbles devant relier l'Afrique à l'Europe, le Moyen-Orient et l'Asie ont été annoncés.

"Nous avons la possibilité d'offrir des tarifs plus bas que ce qui existe aujourd'hui", a cependant affirmé Greg Wyler, soulignant que son groupe pouvait apporter le haut débit à tous.

"Le pari est mondial: le PIB, la croissance et la demande dans tous les marchés émergents vont-ils se développer?", s'est-il interrogé. "Si la réponse est oui, peut-être pas dans certains pays, mais certainement dans d'autres, alors ce sera un bon pari."

Richard Hurst, analyste télécoms au cabinet IDC, affirme que si sur le papier le projet devrait être une bonne initiative, il estime en revanche que la capacité potentiellement limitée du spectre du satellite en Afrique signifie qu'il y aura toujours besoin de câbles en fibre optique pour accroître les capacités.

REUTERS | 09.09.2008 | 19:31 Version française Claude Chendjou